dimanche 1 mars 2009

Explications

Chers et aimés lecteurs,
Du fait de la longue absence de mise à jour de ce blog, certains d'entre vous ont certainement tenté de s'ouvrir les veines ou de créer un nouveau skyblog pour raconter à quel point la vie est moche. Veuillez donc m'excuser. La raison de cette absence est fort simple: je n'avais pas envie. Voilà. Cependant, soyez assurés que lorsque l'envie de mise à jour me reprendra, vous en serez les premiers informés.

Paix et prospérité

vendredi 23 janvier 2009

Bonne année

Pour la nouvelle année, j’ai eu droit à une classe supplémentaire. Ce furent des gamins de quatorze ans, engagés dans le processus infernal de l’adolescence, où les neurones périssent sous les coups de boutoirs des poussées hormonales. Le premier contact fut douloureux. Cela m’étonna d’autant plus que je m’occupais d’élèves du même âge, qui eux, étaient d’une sagesse exemplaire (hormis un élément, ressemblant plus à un farfadet hyperactif qu’à un véritable être humain).
La provocation semblait le mode d’expression privilégié des garçons de cette classe, les hurlements hystériques celui des filles. Donc là, forcément, il ne me restait qu’à utiliser la bonne vieille technique de dressage : repérage du meneur et dézingage. L’entreprise ne réussit que partiellement, chacun des représentants masculins me semblant être un meneur. Je me rappelais la phrase de l’un de nos anciens chefs d’état : « il n’y a pas de place pour deux crocodiles mâles dans le même marigot. » Apparemment, cela ne fonctionnait pas avec les ados de quatorze ans. Pour les filles, je préférais, pour le moment, les laisser à leurs hurlements. Elles ne perdaient rien pour attendre.
Après cette « prise de contact », je parlais avec leur prof. Il me confia son envie régulière de « les jeter par la fenêtre ». Ben pareil.

Paix et prospérité

jeudi 18 décembre 2008

Ja können wir!

Actualité oblige, on m'a sommé de parler de Noël dans toutes les classes. Ce fut lassant. Les cadeaux, les sapins, la bouffe... J'avais au moins espéré que, dans une région protestante, les élèves auraient quelque chose à m'apprendre. Même pas. Ils font à peu près tout comme nous. Cependant, ces échanges firent naitre en moi une réflexion. Il y a seulement quelque siècles, j'aurais pourri la gueule de ces vils huguenots incapables de considérer les bienfaits du Purgatoire (entre autres hérésies) et là, nous nous contentions de deviser joyeusement sur les sapins de Noël. Ainsi, tout n'est pas perdu! Nous pouvons, nous tous, français et allemands, nous donner la main et courir nus dans les champs en fredonnant la neuvième symphonie de Beethoven! N'est-ce pas là la finalité du grand et beau projet européen? YES WE CAN!

Paix, prospérité et joyeux Noël.

jeudi 4 décembre 2008

Barrières linguistiques

La prof était songeuse. « La langue française est bizarre.» me sortit-elle. Bizarre, la langue de [insérer ici pleins de noms d’écrivains très connus] ? Allons bon ! Mon sang bouillait à cet énoncé. Faisant mine de demeurer calme je lui demandais la raison de son tourment soudain. Réponse : « C’est n’importe quoi. Après « il semble que », c’est du subjonctif, mais après, « il me semble que » c’est de l’indicatif. » Il me faut admettre que c’est n’importe quoi. « Il semble que ce soit vrai » mais « Il me semble que c’est vrai. » Après réflexion, il me semble que seul un xénophobe sadique a pu inventer un truc pareil dans l’unique but d’interdire l’accès du français aux estrangers. Il est à noter que, parfois, sa malice a pu se loger dans des endroits incongrus. Ainsi dans le mot « armoire » que les gamins allemands sont incapable de prononcer correctement. Remarquez que l’allemand n’est pas trop mal dans le genre. Le mot pour désigner l’écureuil (Eichhörnchen) est en effet à peu près imprononçable pour moi, sinon en me tordant la face de manière totalement grotesque. Ah! Que d'efforts à accomplir avant que les peuples se comprennent! Mais tout n'est pas perdu... ainsi, cette splendide initiative de sous-titrer l'hymne soviétique:

Ne voyez vous pas les barrières linguistiques s'écrouler? Moi si.

Paix et prospérité.

mercredi 19 novembre 2008

000

Ce cours fut un naufrage. Ces élèves, des mollusques. Des vrais. Mous. Forcément mous. Bon, j’arrête les phrases sans verbes qui font très joli chez cette vieille dingue de Marguerite Duras mais qui apparaissent aussi artificielles que gonflantes ici. Ou en étais-je ? Ah oui, les mollusques… J’avais préparé ce cours en me demandant ce qui pouvait intéresser des ados de 15-16 ans. Réponse : le cinoche avec plein de bastons dedans. J’ai cru avoir un éclair de génie en dénichant la critique du dernier James Bond. Bon, refroidit par le plantage rythmique grandiose de Casino Royale (le réalisateur nous en met plein la vue pendant trois quart d’heures à coup de cascades et d’explosions, puis enchaine sur 20 minutes de partie de poker… monumental), je ne l’avais pas vu. Quand bien même, me suis-je dit, ce résumé et ces quelques critiques sont cools, ils vont intéresser ces petits. Et bien que nenni. Une fois le texte lu, je demande si des mots leur échappent. Silence. Bien qu’un peu sceptique, je leur pose quelques questions bateau (de quoi parle le texte, qui est le héros, enfin ce genre de truc quoi). Au terme de dix minutes de « rame en solitaire », l’un de ces chers élèves daigne me signifier que ce texte parle de James Bond. Joie, Félicité, Bonheur etc… Mais ce sentiment de volupté s’évanouit durant les vingt minutes de silence quasi-total de leur part qui suivirent… Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté de questionner leur rapport à James Bond (-Toi, tu as déjà vu un film de James Bond -… - tu as déjà vu un film de James Bond – Oui –Et tu as aimé ? - … - Tu aimes les films de James Bond ? - Je ne sais pas.)
Oui, ce fut affligeant. Forcément affligeant.

Paix et prospérité.

mardi 11 novembre 2008

La loose selon Victor Hugo

Il y a deux manières de se faire respecter par une classe de douzième (dont l’âge moyen équivaut à celui de nos terminales). Soit en prendre un au hasard et lui démolir sa face à coup de batte de base-ball, soit réciter tout de go un poème du XIXème siècle en prenant de grands airs inspirés. N’ayant pas de batte de base-ball sous la main, j’ai choisi la deuxième solution.

Hier j’avais fait étudier à la classe de cinquième (dix-onze ans) Mon petit chat de Maurice Carême que j’avais moi-même dû apprendre en classe de CP. En entendant ces chers petits ânonner péniblement « C’est un chat étrange/ aimant le nougat/ et le chocolat/ Mais c’est pour cela/ dit tante Solange/ Qu’il ne grandit pas. » je dois avouer que l’émotion m’a pris à la gorge. Pour les douzièmes, aujourd’hui, ce fut donc Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps (que je leur ai donc récité sans notes, haha, bluffés, les jeunots!). Bien fait pour leur gueule. (Je tiens à préciser que leur niveau de français est très élevé. Avec leur prof, ils étudient Molière dans le texte, c'est vous dire...)

En gros Hugo y dévoile le looser qu’il fut à seize ans. Il a appelé ça Vieille Chanson du jeune temps pour dire à quel point la loose est éternelle et universelle. Ça parle toujours à tout le monde, ça, non ? (Ne soyez pas désagréables svp et dites: Oui Monsieur. Merci). A la fin de mon exposé, la classe m’a applaudi. Un applaudissement allemand. On frappe du poing sur la table en cadence. Bande de bourrins.

Paix et prospérité

jeudi 6 novembre 2008

Chanter la vie

Choisir des chansons françaises à faire écouter aux élèves teutons tient du chemin de croix. Voici quelques chansons qu'il est déconseillé de faire étudier:


Discover Jean Yanne!


Nous remarquerons en effet que le merveilleux Jean Yanne glisse quelques légères fautes de français dans cette œuvre par ailleurs bouleversante.

A moins de vouloir faire passer la France pour un pays de névrosés dépressifs, on évitera également ceci:


Discover Vincent Delerm!


Des chansons marrantes? Oui mais pas ça:


Discover Les Inconnus!


Ces abrutis de gamins seraient capables de ne pas saisir toute l'ironie subtile du propos.

Ah oui, il vaut aussi mieux éviter les chansons politiques. Comme ceci par exemple:


Discover André Dassary!


Quoique, pour introduire un cours sur la coopération franco-allemande... Hum. Bon.

Paix et prospérité.

NB: Démarrez "Maréchal nous voilà", puis regardez le clip des Kiss Kool, deux messages plus bas, en prenant soin de couper le son. Je vous promets que le résultat saisissant.